Fluorine, pyrite, calcite, galène : les minéraux que l'on croise sur toutes les bourses

Plusieurs milliers d’espèces minérales sont décrites, mais une poignée d’entre elles occupe l’essentiel des tables d’une bourse. Les connaître, c’est déjà savoir lire un stand : repérer ce qui est commun, ce qui est remarquable, et ce qui demande une précaution particulière. Voici les minéraux que l’on rencontre partout, avec leurs signes de reconnaissance.
Tableau récapitulatif
| Minéral | Composition | Dureté | Signe distinctif |
|---|---|---|---|
| Quartz | dioxyde de silicium | 7 | prismes hexagonaux striés, raye le verre |
| Fluorine | fluorure de calcium | 4 | cubes, clivage en octaèdres, souvent fluorescente |
| Calcite | carbonate de calcium | 3 | effervescence à l’acide, clivage rhomboédrique |
| Pyrite | sulfure de fer | 6 à 6,5 | cubes dorés striés, trait noir verdâtre |
| Galène | sulfure de plomb | 2,5 | cubes gris très lourds, clivage cubique |
| Barytine | sulfate de baryum | 3 à 3,5 | cristaux en tablettes, très dense pour un minéral clair |
| Gypse | sulfate de calcium hydraté | 2 | se raye à l’ongle, « roses des sables » |
| Hématite | oxyde de fer | 5 à 6 | trait rouge-brun |
| Malachite | carbonate de cuivre | 3,5 à 4 | vert à bandes concentriques |
| Magnétite | oxyde de fer | 5,5 à 6,5 | attirée par un aimant |
La fluorine
La fluorine est l’un des minéraux préférés des collectionneurs pour sa palette de couleurs : violette, verte, jaune, bleue, rose, incolore, souvent zonée. Elle cristallise en cubes, plus rarement en octaèdres, et se clive parfaitement selon les faces de l’octaèdre : les petits octaèdres de fluorine vendus en vrac sont obtenus en exploitant ce clivage.
C’est à elle que l’on doit le mot « fluorescence » : beaucoup de fluorines émettent une lumière bleue ou violette sous ultraviolet. La France a compté de nombreuses mines de fluorine, dans le Massif central notamment, et les pièces françaises anciennes sont recherchées.
À savoir : sa dureté de 4 la rend sensible aux chocs et aux rayures. Les cristaux se marquent facilement s’ils voyagent en vrac dans un sac.
La calcite
Minéral des calcaires et des marbres, la calcite prend des formes très variées : rhomboèdres, scalénoèdres pointus (« dents de chien »), plaquettes. Son clivage en rhomboèdres est parfait. Une variété transparente, le spath d’Islande, montre une double réfraction spectaculaire : une ligne vue à travers le cristal apparaît dédoublée.
Le test décisif est l’acide : une goutte d’acide chlorhydrique dilué la fait mousser. Dans les terrains calcaires du Gard, la calcite est partout, dans les fissures, les géodes et les grottes.
La pyrite
Surnommée « l’or des fous », la pyrite a trompé bien des prospecteurs. Elle s’en distingue facilement : elle est dure (elle raye le verre, l’or non), cassante, et laisse un trait noir verdâtre. Ses cubes aux faces striées, parfois parfaitement géométriques, sont très appréciés.
À savoir : certaines pyrites se décomposent avec l’humidité. Une poudre blanche ou jaunâtre et une odeur soufrée signalent cette altération, appelée parfois « maladie de la pyrite ». Notre guide sur la conservation d’une collection explique comment la prévenir.
La galène
Gris plomb, brillante, en cubes nets, la galène est le principal minerai de plomb. On la reconnaît à son poids : un petit morceau surprend toujours dans la main. Elle se clive en petits cubes.
Les Cévennes ont été exploitées pour le plomb et le zinc, et la galène y accompagne souvent la blende (sulfure de zinc) et la barytine.
À savoir : c’est un minéral de plomb. On se lave les mains après l’avoir manipulé, on ne le laisse pas à portée des jeunes enfants et on ne le ponce jamais sans protection.
La barytine
La barytine forme des cristaux en tablettes, blancs, jaunâtres, bleutés ou brun miel, souvent groupés en crêtes. Sa densité élevée, inhabituelle pour un minéral clair, permet de la reconnaître à la main. Les « roses de barytine » ressemblent aux roses des sables de gypse.
Le gypse
Très tendre, le gypse se raye à l’ongle. Il forme des cristaux transparents en fer de lance, des masses fibreuses soyeuses ou, dans les déserts, des « roses des sables » où les cristaux englobent des grains de sable. Il craint l’eau : on ne le lave pas.
L’hématite et la magnétite
Ces deux oxydes de fer sont souvent noirs et métalliques. L’hématite se reconnaît à son trait rouge-brun, la magnétite à son attraction par un aimant. Beaucoup de « hématites » polies vendues en bijouterie sont en réalité des matériaux synthétiques magnétiques : si la pierre colle à l’aimant, ce n’est pas de l’hématite naturelle.
La malachite
Verte, à bandes concentriques claires et foncées, la malachite est un minéral de cuivre. Elle accompagne souvent l’azurite, d’un bleu profond. Polie, elle sert en décoration et en bijouterie.
À savoir : la poussière de malachite est toxique. On ne la ponce et on ne la scie jamais à sec.
Bien observer avant d’acheter
Sur un stand, ces minéraux se présentent sous des formes très inégales : cristaux nets ou masses informes, pièces intactes ou abîmées, provenances précises ou vagues. Pour juger un spécimen, regardez :
- la netteté et l’éclat des cristaux ;
- l’absence de chocs sur les arêtes et les pointes ;
- la présence d’une gangue (la roche support), qui donne du contexte ;
- l’indication de la provenance.
Ces critères comptent souvent davantage que la taille. Pour la méthode complète d’identification, reportez-vous à notre guide pour reconnaître un minéral.
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