Minéraux & Fossiles
Le magazine indépendant des minéraux, des fossiles et des bourses aux minéraux
Accueil BoursesMinérauxFossilesCollection À proposContact
Minéraux · Fossiles · Bourses · Collection
Minéraux & Fossiles
Reconnaître un minéral, comprendre un fossile, visiter une bourse et bâtir une collection sans se tromper
Accueil › Fossiles › Comment se forme un fossile, et comment on le date
Fossiles · Comprendre

Comment se forme un fossile, et comment on le date

Comment se forme un fossile, et comment on le date

Un fossile est le reste ou la trace d’un être vivant conservé dans une roche. La définition paraît simple, mais derrière chaque ammonite ou chaque empreinte de fougère se cache une suite de circonstances assez exceptionnelle. La très grande majorité des organismes disparaissent sans laisser de trace : ils sont mangés, décomposés, dispersés. Ceux qui deviennent fossiles ont bénéficié de conditions particulières. Comprendre ces conditions aide à savoir où chercher, et à lire ce que l’on trouve.

Les étapes de la fossilisation

1. Un enfouissement rapide

La première condition est d’échapper aux charognards, aux courants et aux bactéries. Cela suppose un enfouissement rapide sous des sédiments : vase au fond d’une mer ou d’un lac, sable d’un delta, cendres volcaniques. Les milieux pauvres en oxygène, où la décomposition est lente, sont particulièrement favorables.

C’est pour cela que les fossiles marins sont de loin les plus abondants : les fonds marins reçoivent en permanence des sédiments qui recouvrent les coquilles et les squelettes.

2. Des parties dures

Les parties molles (chair, organes, feuilles fragiles) se décomposent presque toujours. Les parties dures — coquilles, os, dents, carapaces, bois — résistent beaucoup mieux. Voilà pourquoi on trouve tant de coquillages et de dents de requin, et si peu de méduses.

3. La transformation en roche

Avec le temps, les sédiments s’accumulent, se tassent et se transforment en roche : c’est la diagenèse. Pendant ce temps, l’eau qui circule dans les sédiments transporte des minéraux dissous. Ils peuvent remplir les cavités de l’organisme, remplacer sa matière d’origine molécule par molécule, ou au contraire la dissoudre entièrement.

4. Le retour à la surface

Un fossile enfoui à des centaines de mètres de profondeur ne sera jamais trouvé. Il faut que les mouvements de la croûte terrestre soulèvent les couches, puis que l’érosion les entame. Les fossiles que l’on ramasse aujourd’hui dans les garrigues ou sur les Causses ont fait ce long trajet.

Les différents types de fossiles

TypeCe qui est conservéExemple
Fossile minéraliséla structure de l’organisme, remplacée ou imprégnée de minérauxbois silicifié, os fossilisé
Moule internele remplissage de l’intérieur d’une coquille dissouteammonites sans coquille, « noyaux » de bivalves
Empreintela marque laissée dans le sédimentfeuilles, poissons aplatis
Trace fossileune activité, pas l’organisme lui-mêmepas, terriers, pistes
Conservation exceptionnellel’organisme presque intactinsectes dans l’ambre

Les moules internes sont très fréquents dans le sud de la France : beaucoup d’ammonites et d’oursins des marnes se présentent ainsi, la coquille d’origine ayant été dissoute. Les ammonites pyriteuses, remplacées par de la pyrite, sont spectaculaires mais fragiles : elles peuvent se décomposer avec l’humidité.

Les traces fossiles (on parle aussi d’ichnofossiles) sont précieuses parce qu’elles montrent un comportement : la marche d’un animal, la manière dont un ver creusait le sédiment.

Comment on date un fossile

La datation relative

La méthode la plus ancienne repose sur un principe simple : dans une série de couches qui n’a pas été bouleversée, les couches du bas sont plus anciennes que celles du haut. C’est le principe de superposition.

Certains fossiles, appelés fossiles stratigraphiques, permettent d’aller plus loin. Pour bien jouer ce rôle, une espèce doit avoir vécu peu de temps, avoir été répandue sur une vaste zone et être facile à reconnaître. Les ammonites, qui ont évolué très vite, sont le meilleur exemple : identifier une espèce d’ammonite suffit souvent à situer une couche à quelques centaines de milliers d’années près.

La datation absolue

Pour donner un âge en années, les géologues mesurent la désintégration d’éléments radioactifs contenus dans certaines roches, en particulier les roches volcaniques intercalées entre les couches sédimentaires. Le carbone 14, souvent cité, ne sert que pour des restes récents : au-delà d’environ 50 000 ans, il n’en reste plus assez pour être mesuré. Il est donc inutile pour une ammonite ou un trilobite.

L’échelle des temps géologiques en bref

ÈrePériode (exemples)Fossiles emblématiques
PaléozoïqueCambrien, Ordovicien, Carbonifère, Permientrilobites, fougères arborescentes
MésozoïqueTrias, Jurassique, Crétacéammonites, bélemnites, dinosaures
CénozoïquePaléogène, Néogène, Quaternairemammifères, coquillages modernes, dents de requin

Les ammonites et les dinosaures non aviens disparaissent à la fin du Crétacé, il y a environ 66 millions d’années. Les trilobites, eux, avaient disparu bien avant, à la fin du Permien.

Ce qu’il faut retenir

Un fossile est le résultat d’un enchaînement rare : enfouissement rapide, parties dures, transformation minérale, puis retour à la surface. Savoir à quel type de fossile on a affaire aide à le manipuler correctement — un moule interne en calcaire ne se nettoie pas comme une ammonite pyriteuse. Notre guide pour nettoyer et préparer un fossile prend le relais, et notre tour des fossiles du Gard et d’Occitanie vous dira quoi chercher près de chez vous.

Cet article peut contenir des liens partenaires. Ils n'influencent jamais ce que nous écrivons.